La police des polices, mesurée
L'IGPN en chiffres, 2006-2025.
L'Inspection générale de la police nationale publie un rapport annuel depuis l'exercice 2012 (le rapport 2021 était son dixième). Cette page rassemble un relevé documenté des séries officielles vérifiées, source par source, sur la fenêtre 2006-2025 — avec ses lacunes assumées : les années sans valeur sont documentées comme telles, jamais comblées, et les divergences entre rapports sont signalées telles quelles.
L'essentiel
Chaque valeur est tirée d'un rapport annuel de l'IGPN ou d'une réponse ministérielle, cités sous chaque graphique et dans le tableau.
Les séries
Survolez les points et les barres pour lire les valeurs. Les ruptures de série et les années manquantes sont signalées, jamais masquées.
Enquêtes judiciaires ouvertes
Saisines confiées à l'IGPN, publiées dans chaque rapport annuel. La rupture de 2016 (valeur non relevée de manière vérifiable) interrompt la ligne. Attention : le rapport 2024 publie pour ces mêmes années une rétrospective comptée différemment (voir tableau) — en 2019 par exemple, 1 330 saisines correspondaient à 1 460 procédures.
Sources : rapport IGPN 2015, 2017, 2019, 2020, 2023, 2024, 2025.
Manquements relevés en enquêtes administratives
Manquements professionnels ou déontologiques établis par l'IGPN à l'issue de ses enquêtes administratives pré-disciplinaires, selon le rapport de l'année (2018 : « un millier »). Environ 20 % concernent le devoir d'exemplarité ; le code de déontologie compte 22 manquements principaux et 68 déclinaisons (rapport 2023). Divergence signalée : le rapport 2021 compte 520 manquements en 2020, que la rétrospective du rapport 2024 restitue à 599.
Sources : rapport IGPN 2024 (série 2016-2019), 2021, 2022, 2023, 2025.
Signalements reçus sur la plateforme citoyenne (PFS)
Signalements des usagers reçus sur la plateforme de signalement de la police nationale, selon le rapport de l'année. En 2024 : 6 080 signalements, dont 4 856 relevant du champ police nationale et 1 063 portant sur des allégations de violences ; 1 279 ont justifié une enquête administrative. En 2025 : 8 600 signalements, près de 40 % de plus qu'en 2024.
Sources : rapport IGPN 2018, 2020, 2021, 2022, 2023, 2024, 2025.
Décès et blessés graves lors de missions de police (TSBD)
Le recensement TSBD (en vigueur depuis le 1er janvier 2018) comptabilise les personnes décédées ou gravement blessées à l'occasion d'une mission de police ayant donné lieu à une enquête judiciaire, sans condition d'imputabilité : les décès dus à la personne elle-même y figurent, et l'outil ne préjuge pas de la légitimité des actions. 2025 : 125 déclarations, 39 décès, 86 blessés graves. Les bilans évoluent avec les déclarations tardives (2023-2024 restatés par le rapport 2025).
Sources : rapport IGPN 2020, 2021, réponse ministérielle AN Q8457 (2022-2024).
Saisines judiciaires pour usage de la force
L'usage de la force est la première raison de saisine de l'IGPN : 517 affaires en 2023 (51 % du portefeuille), 428 en 2024, 322 en 2025. En 2025, sur 322 affaires : 189 sur la voie publique, 37 lors du maintien de l'ordre, 46 lors de contrôles d'identité. 2019 : 59 % du portefeuille ; 2021 : 47 % des saisines judiciaires portaient sur des allégations de violences.
Sources : rapport IGPN 2023, 2024, 2025.
Tableau complet, 2006-2025
Le tiret « — » signifie « non relevé de manière vérifiable dans les sources publiques consultées » — ce n'est jamais un zéro, et cela n'établit pas que rien n'a été publié : le relevé est en cours de constitution. Les séries « enquêtes ouvertes (rapports des années) » et « saisines (rétrospective du rapport 2024) » divergent pour les mêmes années : les deux sont affichées, l'écart est signalé, la cause n'est pas expliquée par les rapports. Chaque ligne indique les rapports couvrant l'année.
Méthodologie et limites
Fenêtre de vingt ans, relevé en cours. Nos recherches n'ont pas identifié de rapport annuel public avant l'exercice 2012 (le rapport 2021 était le 10e). Les années 2006-2011 et certaines valeurs (2016, 2017 sur certains indicateurs) sont marquées « non relevées » : cela signifie « non trouvées dans les sources consultées », pas « inexistantes ». Des données complémentaires (réponses parlementaires, archives de l'IGS) pourraient compléter ce relevé.
Deux comptages, divergence non résolue. « Enquêtes ouvertes » suit les rapports des années ; « saisines » suit la rétrospective du rapport 2024. Pour 2019, le rapport 2024 précise que 1 330 saisines correspondaient à 1 460 procédures ; pour les autres années, les rapports n'expliquent pas l'écart entre les deux comptages. Nous affichons les deux sans les raccorder.
Restatements. Manquements 2020 : 520 selon le rapport 2021, 599 selon le rapport 2024 ; TSBD 2023-2024 : restatés par le rapport 2025 (blessés 2023 : 104→108 ; 2024 : 68→72). Chaque divergence est signalée, aucune n'est arbitrairement tranchée.
Signalement n'est pas faute établie. Un signalement, une enquête, un manquement relevé, une sanction prononcée et une condamnation sont des étapes différentes. Aucune série ici ne mesure des « policiers coupables » : elles mesurent l'activité de l'inspection.
TSBD. Le recensement inclut les décès imputables à la personne elle-même, exige une enquête judiciaire et une ITT ≥ 9 jours pour les blessures, et ne préjuge pas de la légitimité des actions. Les bilans sont arrêtés à une date donnée (mi-février de l'année suivante pour 2025) et évoluent avec les déclarations tardives.
IGPN ≠ IGGN. L'IGGN (gendarmerie) publie ses propres chiffres — 3 294 signalements en 2023, 4 209 en 2024 — jamais fusionnés ici.
Vérification. Chaque valeur a été relevée dans le rapport de son année ou dans la rétrospective du rapport 2024 ; les URL figurent sous chaque graphique, dans la colonne « Sources » du tableau, dans les exports CSV/JSON et dans le fichier data/igpn-data.json du site.
Que dire, que ne pas dire
Oui : « En 2025, l'IGPN a relevé 439 manquements en enquêtes administratives, contre 405 en 2024. » — Non : « Les violences policières ont augmenté » : les séries mesurent l'activité de l'inspection (saisines, enquêtes), pas l'évolution des faits eux-mêmes. Le rapport de l'IGGN rappelle d'ailleurs que la hausse des signalements ne signifie pas hausse des manquements.